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Petit vadémécum Vadémécum de grammaire française
Chapitre 4

Petit récapitulatif sur la réforme de l'orthographe moderne

Depuis la réforme de l'orthographe moderne (réforme de 1990), il existe plusieurs modifications par rapport à l'orthographe traditionnelle.

Trait d'union et soudure#

Dans certains mots, le trait d'union est remplacé par la soudure.

Exemple : portemonnaie pour porte-monnaie.

Ces modifications s'appliquent principalement :

Les numéraux composés sont toujours reliés par des traits d'union.

Exemple : trente-et-un pour trente et un.

Pluriel des mots#

Pour les noms composés de la forme verbe + nom ou préposition + nom, le second nom prend la marque du pluriel lorsque le mot est au pluriel.

Exemples : un pèse-lettre donne des pèse-lettres, un après-midi donne des après-midis.

Les mots empruntés à d'autres langues forment leur pluriel comme les mots français et sont accentués conformément aux règles qui s'y appliquent. Exemples : scénarios au lieu de scénarii; révolver au lieu de revolver.

Accent circonflexe#

L'accent circonflexe n'est plus obligatoire sur les lettres « i » et « u ».

Exemples : coût devient cout, entraîner devient entrainer.

On le maintient dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif, et en cas d'homonymie.

Exemples : qu'il fût, mûr, sûr, jeûne).

Verbes en « -eler » et en « -eter »#

Les verbes en -eler ou -eter se conjuguent comme « peler » ou « acheter ». Les dérivés en -ment suivent les verbes correspondants.

Exemples : tu époussetteras devient tu époussèteras, amoncellement devient amoncèlement.

Exceptions : appeler, jeter et leurs dérivés.

Mots en « -olle » et verbes en « -otter »#

Les verbes en -otter ou les mots en -olle s'écrivent -ote ou -ole. Les dérivés en -ment suivent les verbes correspondants.

Exemples : cachotier, corole, frisoter, frisotis, girole.

Exceptions : colle, folle, molle et les mots de la même famille qu'un nom en -otte (comme botter, de botte).

Participe passé avec « laisser »#

Le participe passé des verbes pronominaux est invariable dans le cas de « laisser » suivi d'un infinitif, à l'image du verbe « faire ».

Exemple : elle s'est laissé mourir.

« u » et le tréma#

Le tréma est modifié dans plusieurs cas :

Accentuation du « e »#

L'accent sur le « e » se conforme à la prononciation dans quelques mots.

Exemples : allègement, cèleri, crèmerie, crèneler, évènement, règlementation, sècheresse.

C'est aussi le cas au futur et au conditionnel des verbes qui se conjuguent comme « céder », « asséner », ou « recéler ».

Exemples : il cèdera, puissè-je.

Corrections diverses#

assoir, boursouffler, charriot, dentelière, douçâtre, imbécilité, interpeler, joailler, levreau, lunetier, nénufar, ognon, prunelier, quincailler, relai, serpillère, tocade…

La dictée de Mérimée — réforme de 1990#

« Pour parler sans ambigüité, ce diner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuisseaux de chevreuil prodigués par l'amphitryon, fut un vrai guêpier.

Quelles que soient, quelque exigües qu'aient pu paraitre, à côté de la somme due, les arrhes qu'étaient censés avoir données la douairière et le marguiller, il était infâme d'en vouloir, pour cela, à ces fusiliers jumeaux et malbâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu'ils ne songeaient qu'à prendre des rafraichissements avec leurs coreligionnaires.

Quoi qu'il en soit, c'est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s'est laissé entrainer à prendre un râteau et qu'elle s'est crue obligée de frapper l'exigeant marguiller sur son omoplate vieillie.

Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara suivie d'une phtisie et l'imbécilité du malheureux s'accrut.

— Par saint Martin, quelle hémorragie ! s'écria ce bélitre.

À cet évènement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l'église tout entière. »

Prosper Mérimée