Chapitre 2Règles normatives
Règles générales#
Règle 1 Les majuscules#
On met une majuscule :
- aux noms propres ;
- au premier mot d'une phrase, d'un titre, d'un vers, après un point.
- après les guillemets (« »).
Exemple : Il dit : « N'oubliez pas la majuscule. »
- après un tiret cadratin dans un dialogue (—).
Règle 2 L'apostrophe#
L'apostrophe remplace une voyelle supprimée.
Exemple : l'habitude; et non la habitude (« l' » à la place de « la »).
Pour placer une apostrophe, il faut essayer de voir s'il n'y a pas eu de voyelle supprimée.
Règle 3 Où couper un mot ?#
À la fin d'une ligne, un mot se coupe toujours entre deux syllabes.
Exemple : « em-barrasser ».
Quand un mot contient une consonne double, on le coupe entre les deux consonnes.
Exemple : « embar-rasser ».
Attention : On ne coupe pas une phrase après une apostrophe.
Règle 4 Le tréma#
Le tréma (« ¨ ») isole la voyelle sur laquelle il est placé. Ainsi, « aigue » (du verbe « aiguer ») se lit [ɛg] (aigue), tandis que « aiguë » (féminin de aigu) se lit [egy] (aigue-u).
Règle 5 La cédille#
Devant « a », « o », ou « u », il faut mettre une cédille sous le « c » pour faire « s ».
Exemple : le maçon, la façade, le reçu.
Règle 6 L'accent circonflexe#
- L'accent circonflexe remplace généralement une lettre enlevée.
Exemple : la forêt (qui vient de forest- [par exemple, forestier], où l'accent circonflexe est mis à la place du « s »).
- L'accent circonflexe se trouve dans les terminaisons verbales des premières et deuxièmes personnes du pluriel au passé simple, et à la troisième personne du singulier au subjonctif imparfait.
Exemples : nous allâmes, qu'il allât.
- L'accent circonflexe se met sur le « a » du suffixe « -atre ».
Exemples : l'âtre, une couleur rougeâtre.
- L'accent circonflexe permet de distinguer certains homonymes.
Exemples : Pierre a fait une tache (tache salissante). Ce n'est pas là sa tâche (tâche au travail).
- L'accent circonflexe se place sur le « i » du radical des verbes en « -aître » ou « -oître » quand il est suivi du « t » du radical.
Exemples : il paraît, il paraîtra, il croît (verbe croître).
Règle 7 « s » entre deux voyelles#
« s » entre deux voyelles se prononce [z] (z). On met « ss » entre deux voyelles pour faire [s] (s).
Exemple : une chaise [ʃɛz] (chèze) basse [bɑs] (bace)
Exceptions : parasol, tournesol, vraisemblable.
Règle 8 « e », « é » ou « è » ?#
« e » se prononce « è » (accent grave) ou « é » (accent aigu) et ne prend pas d'accent devant une consonne double ou un « x ».
Exemples : une pelle, la terre, effacer, un exercice.
Règle 9 Faut-il un « u » après un « g » ?#
« g » se prononce [g] (gue) devant « a » ou « o » et s'écrit sans « u ».
Exemples : un langage, un gorille.
Devant « e », « i », ou « y », il faut mettre un « u » après le « g » pour faire le son « gue ».
Exemples : une langue, un guichet, rugueux.
Remarque : les verbes en [-guer] conservent le « u » du radical dans toutes les conjugaisons.
Règle 10 « gea »-« geo »#
Devant « a », « o », et « u », il faut mettre un « e » après le « g » pour faire [ʒ] (je).
Exemples : un pigeon, un geai.
Règle 11 Faut-il mettre un « c » après « ex » ?#
On écrit « ex » quand on prononce « egz ». Exemple : exigu. On écrit « exc » quand on prononce « exc ». Exemple : exciter.
Règle 12 « m », « b », « p »#
Il faut toujours mettre un « m » devant « m », « b » et « p ».
Exemple : immense.
Exceptions : bonbon et ses dérivés, embonpoint, néanmoins, ainsi que la première personne du pluriel du passé simple des verbes en [-enir] (nous vînmes).
Règle 13 Le son [œj] (euil)#
Le son [œj] (euil) s'écrit euil.
Exemples : le seuil, le treuil.
Après un « c » ou un « g », il s'écrit ueil.
Exemples : un recueil, l'orgueil.
Exceptions : œil et les mots de la même famille qui s'écrivent œil.
Les verbes avoir et être et leurs homonymes#
Règle 14 « a » ou « à » ?#
On écrit « a » (sans accent) lorsqu'on peut le remplacer par « avait » (c'est le verbe avoir).
Exemple : "Il a bruni à la plage", car on peut dire "Il avait bruni à la plage". On ne peut pas dire "il avait bruni avait la plage" : le premier « a » ne prend pas d'accent, mais le second si.
Règle 15 « on » ou « ont » ?#
On écrit « ont » lorsqu'on peut le remplacer par « avaient ». Exemple : "Ils ont écouté", car on peut dire "Ils avaient écouté".
On écrit « on » lorsqu'on peut le remplacer par « il ». Exemple : "on écoutait", car on peut dire "il écoutait".
Règle 16 « ma » (en un mot) ou « m'a » (en deux mots) ?#
On écrit « m'a » (en deux mots) quand on peut le remplacer par « m'avait ». Exemple : "il m'a prévenu", car on peut dire "il m'avait prévenu".
On écrit « ma » (en un mot) quand on peut le remplacer par « ta » ou « sa ». Exemple : "je t'ai prêté ma trousse", car on peut dire "je t'ai prêté sa trousse".
Règle 17 « non » (en un seul mot) ou « n'ont » (en deux mots) ?#
On écrit « n'ont » quand on peut le remplacer par « n'avaient ». Exemple : "ils n'ont plus rien", car on peut dire "ils n'avaient plus rien".
Règle 18 « la », « là », « l'a » ou « l'as » ?#
On écrit « l'a » ou « l'as » (apostrophe suivi du verbe avoir) quand on peut le remplacer par « l'avait » ou « l'avais ». Exemples : "il l'a pris" et "tu l'as pris" car on peut dire "il l'avait pris" et "tu l'avais pris".
On écrit « là » quand on peut le remplacer par « ici » ou « ci ».
Exemples : "il vient là", car on peut dire "il vient ici"; "cet élève-là", car on peut dire "cet élève-ci".
On écrit « la » quand on peut le remplacer par « les », « des » ou par « une ».
Exemple : "tu as pris la balle", car on peut dire "tu as pris une balle".
Règle 19 « et » ou « est » ?#
On écrit « est » quand on peut le remplacer par « était ». On écrit « et » quand on peut le remplacer par « et puis ».
Exemple : "il a vu et il est parti", car on peut dire "il avait vu ET PUIS il ÉTAIT parti".
Règle 20 « son » ou « sont » ?#
On écrit « sont » quand on peut le remplacer par « étaient ».
Exemple : "ils sont grands", car on peut dire "ils étaient grands".
On écrit « son » quand on peut le remplacer par « mon ».
Exemple : "c'est son intérêt", car on peut dire "c'est mon intérêt".
Règle 21 « tes », « t'es », « t'est » ou « t'ai » ?#
On écrit « tes » lorsqu'il se trouve devant un nom et qu'on peut le remplacer par « ton » ou « mes ».
Exemple : "tes livres", car on peut dire "mes livres".
On écrit « t'es » ou « t'est » (apostrophe suivi du verbe être) quand on peut le remplacer par « t'étais » ou « t'était ».
Exemple : "tu t'es pris le doigt dans la porte", car on peut dire "tu t'étais pris le doigt dans la porte".
On écrit « t'ai » quand on peut le remplacer par « t'avais ».
Exemple : "je t'ai dit de réviser", car on peut dire "je t'avais dit de réviser".
Règle 22 « les », « l'es », « l'est » ou « l'ai » ?#
On écrit « l'es » ou « l'est » (apostrophe suivi du verbe être) quand on peut le remplacer par « l'étais » ou « l'était ».
Exemple : "sage, tu l'es", car on peut dire "sage, tu l'étais".
On écrit « l'ai » (apostrophe suivi du verbe avoir) quand on peut le remplacer par « l'avais ».
Exemple : "je l'ai vu", car on peut dire "je l'avais vu".
On écrit « les » quand on peut le remplacer par « la », « le », « une » ou « des » devant un nom ou un verbe.
Exemple : "les livres", car on peut dire "le livre".
Commencement des mots#
Règle 23 Mots commençant par « ab- »#
Les mots commençant par [ab-] ne prennent qu'un seul « b ».
Exemple : abattre.
Exceptions : abbé, abbaye.
Règle 24 Mots commençant par « ac- »#
Les mots commençant par [ac-] prennent deux "c".
Exemples : accrocher, accent.
Exceptions : acacia, académie, acajou, acariâtre, acompte, acoustique, acrobate et leur dérivés.
Règle 25 Mots commençant par « ad- »#
Les mots commençant par [ad-] ne prennent qu'un seul « d ».
Exemple : adosser.
Exceptions : addition, adduction et leurs dérivés.
Règle 26 Mots commençant par « af- », « ef- », « of- »#
Les mots commençant par [af-], [ef-] ou [of-] prennent deux "f".
Exemples : un affront, un effort, une offre.
Exceptions : afin, Afrique, africain, éfaufiler.
Règle 27 Mots commençant par « ag- »#
Les mots commençant par [ag-] ne prennent qu'un seul « g ».
Exemple : agrandir.
Exceptions : agglomérer, agglutiner, aggraver et leurs dérivés.
Règle 28 Mots commençant par « am- »#
Les mots commençant par [am-] ne prennent qu'un seul « m ».
Exemple : amérir.
Exception : ammoniaque.
Règle 29 Mots commençant par « ap- »#
Les mots commençant par [ap-] prennent deux « p ».
Exemple : appartenir.
Exceptions : apaiser, apercevoir, apeurer, apitoyer, aplanir, apostropher et leurs dérivés.
Règle 30 Mots commençant par « at- »#
Les mots commençant par [at-] prennent deux « t ».
Exemple : attacher.
Exceptions : atelier, atome, atour, atroce, atrophier et leurs dérivés.
Règle 31 Mots commençant par « gi- »#
Les mots commençant par le son [ʒi] (gi) s'écrivent avec un « g ».
Exemple : une girouette.
Règle 32 Mots commençant par « il- », « im- », « in- » et « ir- »#
Les mots commençant par [il-], [im-], [in-] ou [ir-] prennent deux « l », deux « m », deux « n » ou deux « r » quand le radical commence par « l », « m », « n » ou « r ».
Exemples : illisible, immobile, irrégulier.
Règle 33 Mots commençant par « souf- » et « suf- »#
Les mots commençant par [souf-] ou [suf-] prennent deux « f ».
Exemples : souffrir, suffire.
Exceptions : le soufre et soufrer.
Remarque : on note également boursoufler.
Finale des mots#
Règle 34 Règle générale#
Le féminin ou les dérivés nous renseignent souvent sur la lettre finale d'un mot.
Exemples : un drap (un drapier), un teint (une teinture).
Règle 35 Noms féminins terminés par [ɛ] (ai)#
Les noms féminins terminés par le son [ɛ] (ai) prennent un « e ».
Exemple : une haie.
Exception : la paix.
Règle 36 Noms masculins terminés par [aj] (ail), [ɛj] (eil), [œj] (euil)#
Les noms masculins terminés par les sons [aj] (ail), [ɛj] (eil) ou [œj] (euil) s'inscrivent avec « l » sans le « e » final.
Exemples : un rail, un réveil, un chevreuil.
Exceptions : le chèvrefeuille, un mille-feuille, un portefeuille.
Règle 37 Adverbes terminés par « -amment » ou « -emment »#
Les adjectifs en [-ant] donnent des adverbes en [-amment] (deux « m »).
Exemple : "bruyant" donne "bruyamment".
Les adjectifs en [-ent] donnent des adverbes en [-emment] (deux « m »).
Exemple : "évident" donne "évidemment".
Remarque : les adverbes dérivés d'adjectifs terminés par « i » ou par « u » ne prennent pas de « e » après le « i » ou le « u ».
Exemples : "vrai" donne "vraiment", "résolu" donne "résolument".
Exception : "gai", qui donne "gaiement".
Règle 38 Noms féminins terminés par [aj] (aille), [ɛj] (eille), [œj] (euille)#
Les noms féminins terminés par les sons [aj] (aille), [ɛj] (eille) ou [œj] (euille) s'écrivent avec lle (deux « l »).
Exemples : une cisaille, une treille.
Règle 39 Noms en [asjɔ] (-ation)#
Les noms terminés par le son [asjɔ] (-ation) s'écrivent -ation.
Exemple : une ration.
Exceptions : passion et compassion.
Règle 40 Adjectifs terminés par [ø] (eu)#
Les adjectifs terminés par le son [ø] (eu) s'écrivent -eux au singulier comme au pluriel.
Exemple : un chien peureux.
Exceptions : bleu et hébreu.
Règle 41 Noms en [kuʁ] (cours)#
Les noms masculins terminés par le son [kuʁ] (cours) prennent un « s ». Exemple : un parcours.
Remarque : "ailleurs", "certes", "toujours", "velours" et "volontiers" prennent toujours également un « s ».
Règle 42 Noms masculins terminés par « -é »#
Les noms masculins terminés par [-é] ne prennent pas de « e ».
Exemple : le pavé.
Exceptions : un athée, un lycée, un mausolée, un musée, un scarabée, un trophée.
Règle 43 Noms féminins terminés par « -ée »#
Les noms féminins en « é » se terminent par -ée.
Exemple : la pensée.
Exceptions : la clé, ainsi que tous les noms terminés par les sons [te] (té) ou [tje] (tié) (qui ne prennent pas de « e » de ce fait, comme "bonté").
Toutefois, les noms en [te] (té) indiquant un contenu se terminent tous par « ée », ainsi que les mots suivants : la butée, la dictée, la jetée, la montée, la nuitée, la pâtée, la portée, la tétée et la charretée.
Règle 44 Noms terminés par « -el » ou par « -elle »#
Les noms dont le son final contient un « e » muet se terminent par « el » s'ils sont masculins.
Exemple : un rappel.
Exceptions : polichinelle, rebelle, vermicelle et violoncelle.
Les noms dont le son final contient un « e » muet se terminent par « elle » s'ils sont féminins.
Exemple : une ficelle.
Règle 45 Noms terminés par « -ement »#
Les noms terminés par [-ement] qui proviennent d'un verbe s'écrivent ement. Par exemple : un pansement, du verbe panser.
Règle 46 Verbes terminés par « -endre »#
Les verbes terminés par [-endre] s'écrivent -endre.
Exemple : entendre.
Exceptions : épandre et répandre, qui prennent un « a ».
Règle 47 Noms terminés par [œʁ] (eur)#
Les noms terminés par le son [œʁ] (eur) s'écrivent -eur même s'ils sont féminins.
Exemple : la peur.
Exceptions : le beurre, la demeure, l'heure, un leurre et un heurt1.
Règle 48 Mots terminés par « -ence » ou « -ense », « -ance » ou « -anse » [ɑ̃s]#
Les mots terminés par les sons [ɑ̃s] (-ence) ou [ɑ̃s] (-ance) s'écrivent avec un c.
Exemples : les vacances, la différence.
Exceptions : - l'anse, la danse, une ganse, la panse, une transe, qui s'écrivent
-anse ; - une défense, une dépense, une dispense, une offense, une récompense, immense, intense, dense, qui s'écrivent
-ense.
Règle 49 Noms terminés par [i] (i)#
Les noms féminins terminés par le son [i] (i) s'écrivent -ie.
Exemples : la folie.
Exceptions : la brebis, la fourmi, la nuit, la perdrix et la souris.
Règle 50 Adjectifs en « -ile »#
Les adjectifs en [il] (ile) ont tous un « e » au masculin.
Exceptions : civil, puéril, subtil, vil, viril et volatil.
Remarque : « tranquille » s'écrit toujours -lle.
Règle 51 « Lilas »#
« Lilas » est le seul nom de fleur terminé par [-as] au singulier.
Règle 52 Noms terminés par « -oi »#
Les noms terminés par le son [wa] (oi) s'écrivent -oie. Exemple : la courroie.
Exceptions : la foi, la loi, la paroi, la croix, la noix, la voix2, la poix et une fois.
Règle 53 Noms terminés par « -oir »#
Les noms masculins terminés par le son [waʁ] (oir) s'écrivent -oir sans « e » final.
Exemple : un entonnoir.
Exceptions : un accessoire, un auditoire, l'ivoire, un interrogatoire, un laboratoire, un observatoire, un pourboire, un réfectoire, un répertoire et un territoire.
Les noms féminins terminés par le son [waʁ] (oir) s'écrivent -oire avec un « e ».
Exemple : une écumoire.
Règle 54 Verbes terminés par « -onner »#
Les verbes terminés par le son [ɔne] (-onner) prennent deux « n ».
Exemple : détonner (chanter faux).
Exceptions : détoner (exploser), téléphoner, trôner, s'époumoner et ramoner qui s'écrivent avec un seul « n ».
Règle 55 « Parmi », « Debout »#
« parmi », « debout », « ensemble », « chaque », et « malgré » ne prennent jamais de « s ».
Exemple : des élèves debout.
Règle 56 Noms terminés par [zɔ̃] (son)#
Les noms terminés par [zɔ̃] (son) s'écrivent -son.
Exemple : un poison.
Exceptions : le gazon et l'horizon qui prennent un « z ».
Règle 57 Noms féminins terminés par [y] (u) ou [u] (ou)#
Les noms féminins terminés par les sons [y] (u) ou [u] (ou) prennent un e.
Exemples : la tortue, la houe.
Exceptions : la bru, la glu, la tribu, la vertu et la toux.
Règle 58 Noms terminés par « -ule »#
Les noms dont le son final est [yl] (ul) se terminent par -ule.
Exemple : un globule.
Exceptions : un calcul, un consul, un cumul, un recul, une bulle et le tulle.
Règle 59 Noms terminés par « -ure »#
Les noms terminés par le son [uʁ] (ure) prennent un e.
Exemple : une teinture.
Exceptions : l'azur, le fémur, le futur et le mur.
Le nom#
Règle 60 Règle générale#
Pour mettre un nom au pluriel on ajoute en général un -s au nom singulier.
Exceptions : tous les noms terminés par « s », « x » ou « z ».
Exemples : des crayons (un crayon), des nez (un nez), des mets (un met), des souris (une souris), des perdrix (une perdrix).
Règle 61 Pluriel des noms en « -ail »#
Les noms terminés au singulier par [-ail] font leur pluriel en [-ails].
Exemple : des portails (un portail).
Exceptions : bail, corail, émail, soupirail, travail, vantail, et vitrail, qui font leur pluriel en -aux sans « e ».
Exemple : des vitraux (un vitrail).
Règle 62 Pluriel des noms en « -al »#
Les noms terminés au singulier par [-al] font leur pluriel en -aux sans « e ».
Exemples : des canaux (un canal), des journaux (un journal).
Exceptions : des bals, des cals, des carnavals, des chacals, des festivals, des nopals, des récitals et des régals.
Règle 63 Pluriel des noms en « -au »#
Les noms terminés par [-au] au singulier prennent un x au pluriel.
Exemple : des peaux (une peau).
Exceptions : landau et sarrau, qui prennent un -s.
Règle 64 Pluriel des noms en « -eu »#
Les noms terminés au singulier par [-eu] font leur pluriel en -eux.
Exemple : des jeux (un jeu).
Exceptions : bleu et pneu, qui prennent un -s.
Règle 65 Pluriel des noms en « -ou »#
Les noms terminés au singulier par [-ou] prennent un « s » au pluriel.
Exemple : des clous (un clou).
Exceptions : bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou et pou, qui prennent un -x au pluriel.
Règle 66 Pluriel des noms composés#
Dans les noms composés, seuls le nom et l'adjectif peuvent prendre la marque du pluriel et seulement quand le sens le permet (le verbe, l'adverbe et la préposition restent invariables).
Exemples : des choux-fleur (un chou-fleur, nom/nom), des essuie-mains (un essuie-main, verbe/nom), des timbres-poste (un timbre-poste, nom/nom, mais un timbre DE LA Poste).
Règle 67 Pluriel des noms composés avec « garde »#
« garde » est invariable dans les noms composés désignant des choses.
Exemple : des garde-fous (« garde » sans "s").
Lorsque le nom composé désigne une personne, « garde » prend un « s ».
Exemple : des gardes-chasse.
Règle 68 Noms composés avec « porte »#
Les noms composés avec « porte » s'écrivent en deux mots.
Exemple : un porte-plume.
Exceptions : portemanteau, portefaix et portefeuille, qui s'écrivent en un seul mot.
Règle 69 Nom propre ou adjectif qualificatif ?#
L'adjectif qualificatif accompagne le nom et ne prend pas de majuscule, contrairement à ce dernier.
Ainsi, on écrit "du tabac belge" (adjectif qualificatif sans majuscule), mais "un Belge" (nom propre).
Règle 70 Nom ou verbe ?#
Le nom s'écrit plus simplement que le verbe.
Exemples : le travail/il travaille, le clou/je cloue.
Exceptions : (parmi les plus connues) un murmure/il murmure, un voile/il voile, un incendie/il incendie...
Les adjectifs et les pronoms#
Règle 71 Accord de l'adjectif qualificatif#
L'adjectif qualificatif s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte. Toujours se poser la bonne question avant de l'écrire : "qui est-ce qui est ?" ou "qui est-ce qui sont ?"
Exemple : des personnes actives :
Qui est-ce qui sont actives? Les personnes.
Ainsi, "personnes" est féminin pluriel, donc "actives" est féminin pluriel.
Remarque : attention à l'adjectif éloigné du nom !
Exemple : Seuls au coin du bois, près de la route, les chasseurs attendent. (Ce sont "les chasseurs" qui sont seuls.)
Règle 72 Finale d'un adjectif ou d'un participe#
Pour trouver la lettre finale d'un adjectif ou d'un participe passé, on cherche leur féminin.
Exemples : - il a pris (avec un « s », car au féminin on obtient « prise ») ;
- il a écrit (avec un « t », car au féminin on obtient « écrite ») ;
- il a grandi (avec un « i », car au féminin on obtient « grandie »).
Exceptions : « dissous » qui fait « dissoute »,
« favori » qui fait « favorite ».
Règle 73 Pluriel des adjectifs en « -al »#
Les adjectifs qualificatifs terminés au singulier par [-al] font leur pluriel en -aux sans le e.
Exemple : des arrêtés préfectoraux (un arrêté préfectoral).
Exceptions : bancal, fatal, final*3, glacial, jovial, natal, naval et papal qui prennent un -s au pluriel.
Exemple : des océans glacials (un océan glacial).
Règle 74 Accord des adjectifs de couleur#
Les adjectifs indiquant une couleur employés seuls suivent la règle ordinaire.
Exemple : des crayons bleus (un crayon bleu).
Les noms employés comme adjectifs pour désigner une couleur sont invariables.
Exemple : des bas marron (un bas marron, de la couleur d'un marron).
Exceptions : mauve, pourpre, rose.
Deux adjectifs employés pour désigner une seule couleur sont invariables.
Exemple : des écharpes bleu foncé (une écharpe bleu foncé, d'un bleu foncé).
Règle 75 Accord des adjectifs numéraux#
Les adjectifs numéraux qui servent à compter (numéraux cardinaux) sont invariables sauf vingt et cent qui prennent un -s quand ils sont multiples sans être suivis d'un autre nombre.
Exemples : les quatre-roues, quatre-vingts bons-points (avec un "s"), quatre-vingt-un bons-points ("vingt" sans "s" car il y a un autre nombre).
Les nombres « millier », « million » et « milliard » sont des noms et prennent un « s » au pluriel.
Exemple : quatre milliards.
Les adjectifs numéraux qui indiquent l'ordre et le rang (numéraux ordinaux) s'accordent avec le nom auquel ils se rapportent.
Exemple : les huit premières pages.
Règle 76 « nu », « demi »#
Placés devant un nom, « nu » et « demi » sont invariables et se joignent au nom par un trait d'union.
Exemples : des nu-pieds, une demi-heure.
Placés après un nom, « nu » s'accorde en genre et en nombre, tandis que « demi » s'accorde en genre seulement.
Exemples : des pieds nus, quatre fautes et demie (quatre fautes et une demi-faute).
Remarques : - « mi » suit la même règle que « demi ».
Exemple : à mi-côte. - L'expression « à demi » est invariable et ne se joint pas par un trait d'union à l'adjectif ou au participe passé qui suit.
Exemple : des visages à demi cachés.
Règle 77 « Prêt » ou « près » ?#
Il faut écrire « prêt » quand on peut le mettre au féminin.
Exemple : il est prêt à partir (on peut dire "elle est prête à partir").
« près » marque le lieu, et peut se remplacer par « à côté de ».
Exemple : il est près de la porte (on peut dire "il est à côté de la porte").
Règle 78 « aux » devant un nom féminin#
« aux » s'écrit toujours avec un « x » devant un nom féminin.
Exemple : un dîner aux chandelles.
Règle 79 « ces » ou « ses » ?#
Il faut écrire ses quand on peut ajouter « à lui » ou « à elle » après le nom.
Exemple : Maman parle à ses enfants, car ce sont "des enfants à elle".
« ces » peut se remplacer par « ce », « cet » ou « cette » au singulier.
Exemple : voyez ces enfants attentifs, car on peut dire "voyez cet enfant attentif".
Règle 80 « quelque », « même »#
« quelque » prend un -s quand il signifie « plusieurs », et reste invariable quand il signifie « environ » ou « si ».
Exemples : quelques fautes (plusieurs fautes, donc avec un "s"), mais "il a fait quelque vingt fautes" (environ vingt fautes, donc sans "s").
« même » s'accorde s'il est placé entre un article et un nom. Il signifie alors « pareil » ou « semblable ». « même » reste invariable s'il signifie « aussi » ou « également ».
Exemple : les mêmes erreurs (des erreurs semblables, donc avec un "s"), mais "même les erreurs!" (dans ce cas, on veut dire "également les erreurs", donc sans "s").
« même » prend un -s dans les pronoms composés pluriels.
Règle 81 « tout »#
« tout » s'écrit tous toujours avec un -s quand il est suivi d'un nom (ou d'un pronom) pluriel ou quand il se prononce [tus] (tous).
Exemple : tous les soirs, tous sortent, et toutes les rues s'animent.
« tout » est invariable quand on peut le remplacer par « tout à fait », « entièrement » et « si ». C'est généralement le cas devant un adjectif qualificatif.
Exemples : des verres tout ébréchés, tout fêlés (on peut dire "des verres entièrement ébréchés" et "des verres tout à fait fêlés"), il est tout prêt de moi (on peut dire "il est si près de moi").
Remarque : Devant un adjectif qualificatif, il peut varier s'il réunit deux conditions :
- L'adjectif est féminin.
- Il commence par une consonne ou un « h » aspiré.
Exemple : des bouteilles tout ébréchées, toutes fêlées.
Règle 82 « quel », « quels », « quelle » ou « quelles » ?#
« quel » s'accorde avec le nom qu'il détermine. Attention ! Pour une seule prononciation, quatre orthographes sont possibles...
Exemples : Quel dessin ! Quels dessins ! Quelle faute ! Quelles fautes !
Règle 83 « quelle » ou « qu'elle » (en deux mots) ?#
« qu'elle » s'écrit en deux mots (qu'elle) quand on peut le remplacer par « qu'il ».
Exemples : quelle table, qu'elle est belle ! (on peut dire "qu'il est beau", "qu'elle" s'écrit donc en deux mots).
Règle 84 « quelque » en un ou deux mots ?#
Devant le verbe être, « quelque » s'écrit toujours en deux mots (quel que), « quel » s'accordant avec le sujet.
Exemple : quelles que soient leurs erreurs (que leurs erreurs soient quelles).
Règle 85 « aucun », « chaque », « on »#
« aucun », « chaque » et « on » sont toujours au singulier.
Exemple : À chaque table, on parlait, aucun n'était silencieux.
Règle 86 « leur » devant d'un verbe#
« leur » devant un verbe ne prend jamais de -s.
Exemple : je leur rends leurs billets.
Règle 87 « on », « n' »#
Pour savoir s'il faut un « n' » après « on », on peut remplacer « on » par « il ».
Exemple : on n'a pas de faute (car on peut dire "il n'a pas de faute").
Règle 88 « ce » ou « se » ?#
« se » s'écrit se devant un verbe, sauf devant le verbe être quand il est seul.
Exemple : il se coupe.
Devant le pronom relatif, le verbe être seul, ou un nom, on écrit ce.
Exemple : ce que je vis, ce fut ce crayon !
Remarque : On écrit ce devant un verbe quand on peut le remplacer par « cela ».
Exemple : c'est arrivé (cela est arrivé).
Règle 89 « mes » ou « mais » ?#
Lorsque « mes » peut être remplacé par « tes », on écrit mes.
Exemple : mes affaires (tes affaires).
« mais » peut se remplacer par « car » ou par « et ».
Exemple : il est arrivé, mais pressé par le temps, il partit (car on peut dire "il est arrivé, et pressé par le temps, il partit").
Le verbe#
Règle 90 Accord du verbe#
Le verbe s'accorde en nombre et en personne avec son sujet. Toujours se poser la bonne question avant de l'écrire : "qui est-ce qui ?" ou "qu'est-ce qui ?"
Exemples : ils la trouvent (ils trouvent elle), il les prend (il prend eux).
Remarques : - Attention, le sujet peut être placé après le verbe, ou en être très éloigné.
- Un verbe ayant plusieurs sujets singuliers se met au pluriel.
Règle 91 Le sujet « je »#
Avec le sujet « je », le verbe se termine jamais par un -t, mais par un -s.
Exceptions : - Après un « e » ;
- j'ai, je peux, je vaux, je veux ;
- Au passé simple des verbes en [-er] ;
- Au futur simple de tous les verbes.
Exemples : je cours, je cueille, je chantai, je chanterai.
Règle 92 Le sujet « tu »#
Avec le sujet « tu », le verbe se termine toujours par un -s.
Exemple : tu appuies.
Exceptions : tu peux, tu vaux et tu veux qui prennent un -x.
Règle 93 Le sujet « il »#
Avec le sujet « il » ou un nom singulier, le verbe ne se termine jamais par un -s.
Exemple : il nettoie.
Règle 94 Les sujets « ils »/« elles »#
Avec les sujets « ils » ou « elles » pluriels ou un nom pluriel, le verbe se termine toujours par -nt.
Exemple : ils ou elles courent.
Règle 95 Le sujet « on »#
Avec le sujet « on », le verbe se met toujours à la troisième personne du singulier (« il »).
Exemple : on parlait.
Règle 96 Le sujet « qui »#
Avec le sujet « qui », le verbe se met toujours à la même personne et au même nombre que l'antécédent de « qui ».
Exemple : c'est toi qui écoutes.
Règle 97 « le », « la », « les » devant un verbe#
« le », « la », « les » devant un verbe ne sont jamais sujet.
Exemples : il les remplace, ils la remplacent.
Règle 98 Verbe terminé par « -é » ou par « -er » ?#
Pour savoir si un verbe se termine par -er, on le remplace par « prendre » ou par « mordre ».
Exemple : je l'ai vu attraper cet enfant (on peut dire "je l'ai vu prendre cet enfant", donc "attraper" se termine par -er).
À l'inverse, si on peut le remplacer par « pris » ou par « mordu », alors celui-ci se termine par -é, et suit l'accord de l'adjectif qualificatif ou du participe passé.
Règle 99 Participe passé ou indicatif ? « -u » ou « -ut » ? « -i » ou « -it » ?#
Pour distinguer un indicatif présent ou passé simple d'un participe passé, on met la phrase à l'imparfait.
Exemple : L'élève réfléchi/épanoui sourit aux difficultés (on peut dire "l'élève réfléchi/épanoui souriait aux difficultés".
Règle 100 Verbes en « -cer »#
Les verbes en -cer prennent une cédille sous le « c » devant « a » ou « o ».
Exemples : il lançait, nous laçons.
Règle 101 Verbes en « -ger »#
Les verbes en -ger prennent un « e » muet après le « g » devant « a » ou « o ».
Exemples : il partageait, nous partageons.
Remarque : les verbes en -guer conservent le « u » du radical dans toute leur conjugaison.
Règle 102 Verbes en « -ier »#
Les verbes en -ier prennent deux « i » de suite aux deux premières personnes du pluriel de l'imparfait de l'indicatif et du présent du subjonctif.
Exemples : nous pliions, que vous pliiez.
Remarque : les verbes « rire » et « sourire » suivent la même règle.
Exemples : nous riions, que vous souriiez.
Règle 103 Verbes en « -eler » ou en « -eter »#
Les verbes en -eler ou en -eler prennent deux « l » ou deux « t » quand le « e » qui est devant « l » ou « t » se prononce [ɛ] (è).
Exemples : j'appelle, nous appellerons; mais nous appelons.
Exceptions : (parmi les principales) ciseler, écarteler, geler, marteler, modeler, peler, acheter, crocheter, fureter, et haleter, qui ne doublent pas « l » ou « t » et qui prennent un accent grave sur le « e ».
Exemples : je pèle, il achète.
Remarque : Ne pas confondre :
- Les verbes en
-eler ou en -eter avec les verbes en -éler ou en -éter dont le « e » de l'avant-dernière syllabe de l'infinitif est accentué, qui ne doublent jamais le « l » ou le « t ».
Exemples : révéler ou refléter. - Les verbes qui, à l'infinitif, ont deux « l » comme « interpeller », conservent dans toute leur conjugaison cette consonne double.
Règle 104 Les verbes en « -yer »#
Tous les verbes en -yer prennent un « y » suivi d'un « i » aux deux premières personnes du pluriel de l'imparfait de l'indicatif et aux deux premières personnes du pluriel du présent du subjonctif.
Exemples : nous payions, que nous nettoyions.
Remarque : "que nous ayons" et "que nous soyons" s'écrivent sans "i".
Règle 105 Verbes en « -ayer », « -oyer » ou « -uyer »#
Les verbes en -ayer, -oyer ou -uyer changent le « y » en « i » devant un « e » muet.
Exemples : il paie, il nettoie, il appuie, il appuiera.
Remarque : cependant, les verbes en -ayer peuvent conserver le « y » devant un « e » muet.
Exemples : il paye ou il paie.
Règle 106 « courir », « mourir »#
« courir », « voir », et leur composés ; « acquérir », « envoyer », « mourir », et « pouvoir » prennent deux « r » au futur simple et au conditionnel présent.
Exemples : j'enverrai, tu parcourras.
Remarque : « prévoir » se conjugue comme « voir » sauf au futur simple et au conditionnel présent.
Exemples : je prévoirai, je prévoirais.
Règle 107 Verbes en « -eer », « -ier », « -ouer », [uer-]#
Au futur simple et au conditionnel présent, la terminaison des verbes en -eer, -ier, -ouer ou « -uer » est toujours précédée d'un « e » qu'on ne prononce pas.
Exemples : je créerai, tu crieras, il clouera, nous suerons.
Règle 108 Futur ou conditionnel présent ? « -rai » ou « -rais » ?#
Pour savoir si l'on doit mettre la terminaison de la première personne du singulier du futur simple ou du conditionnel présent, il faut mettre la phrase au pluriel. Si -rai se remplace par -rons, alors on ne met pas de -s.
Exemple : demain, je partirai (au pluriel, on dit "demain, nous partirons").
Règle 109 Verbes en « -guer » ou en « -quer »#
Les verbes en -guer ou en -quer conservent le « u » du radical dans toute leur conjugaison.
Exemples : nous naviguons, en naviguant.
Règle 110 Verbes en « -aître » ou en « -oître »#
Les verbes en -aître ou en -oître gardent l'accent circonflexe quand le « i » du radical est suivi d'un « t ».
Exemples : il disparaît, il disparaîtrait.
Remarque : le verbe « croître » (grandir) conserve l'accent circonflexe dans toute sa conjugaison à chaque fois qu'il peut se confondre avec le verbe « croire ».
Exemples : je croîs (je grandis, verbe croître), je crois (je suppose, verbe croire).
Règle 111 Verbes en « -indre » ou en « -soudre »#
Les verbes en -indre ou en -soudre perdent le « d » aux deux premières personnes du singulier du présent de l'indicatif et changent en même temps le « d » en « t » à la troisième personne du singulier.
Exemples : je peins, tu peins, il peint.
Remarque : les verbes en -eindre s'écrivent à l'infinitif -eindre sauf craindre, plaindre et contraindre qui prennent un « a » à la place de « e ».
Règle 112 Accord du participe passé employé sans auxiliaire#
Le participe passé employé sans auxilliaire s'accorde comme l'adjectif qualificatif avec le nom auquel il se rapporte.
Exemple : des crayons usés (qui est-ce qui sont usés? Les crayons. "crayons" est masculin pluriel, donc "usés" est également masculin pluriel).
Règle 113 Accord du participe passé employé avec l'auxiliaire « être »#
Le participe passé des verbes conjugués avec l'auxiliaire "être" s'accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe.
Exemple : ces feuilles sont tombées (qu'est-ce qui sont tombées ? Les feuilles. "feuilles" est féminin pluriel, donc "tombées" est également féminin pluriel).
Règle 114 Accord du participe passé employé avec l'auxiliaire « avoir »#
Le participe passé des verbes conjugués avec l'auxiliaire « avoir » s'accorde en genre et en nombre avec le complément d'objet direct quand celui-ci est placé devant lui.
Exemple : les élèves que j'ai vu(e)s avaient terminé leurs devoir (J'ai vu QUI ? "que", c'est-à-dire les élèves, le complément d'objet direct étant devant le verbe, l'accord se fait. "élèves" étant masculin ou féminin pluriel, on accorde "vu(e)s" en conséquence).
Remarques : - En pratique, si l'on ne sait pas ce dont il s'agit au moment où l'on écrit le participe passé, celui-ci reste invariable.
- L'accord ne se fait pas s'il n'y a pas de complément d'objet direct.
- Lorsque le complément d'objet direct est le pronom « le » du neutre, le participe passé est invariable.
Exemple : cette question est plus difficile que je ne l'avais pensé. - Le participe passé des verbes impersonnels est invariable.
Exemple : les chaleurs qu'il a fait m'ont épuisé.
Règle 115 Accord du participe passé des verbes pronominaux#
Le participe passé des verbes essentiellement pronominaux s'accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe.
Exemple : elles se sont enfuies (Qui est-ce qui se sont enfuies ? Ce sont elles. "elles" est féminin pluriel, donc "enfuies" est féminin pluriel).
Le participe passé des verbes pronominaux réfléchis ou pronominaux réciproques s'accorde avec le complément d'objet direct si celui-ci est placé devant lui (remplacer « être » par « avoir »).
Exemple : ils se sont coupés, mais il se sont coupé la main (ils ont coupé qui ? « se », c'est-à-dire, le complément d'objet direct étant devant le verbe, l'accord se fait. "se" est masculin pluriel, donc "coupés" est masculin pluriel).
Règle 116 Participe présent ou adjectif ? « -ant » ou « -ants » ?#
Quand le participe présent peut se remplacer par un adjectif qualificatif ou être mis au féminin, il est adjectif et s'accorde avec le nom.
Exemple : des rideaux flottants (on peut dire : "des rideaux rouges", "flottants" s'accorde donc avec "rideaux" et prend un "s").
Quand le participe présent marque une action, ou qu'il a un complément, ou qu'il est précédé de « en », il est invariable.
Exemple : des rideaux flottant au vent ("flottant" ayant un complément est invariable, et ne prend pas de "s").
Les mots invariables et leurs homonymes#
Règle 117 « or » ou « hors » ?#
Quand on peut remplacer « hors » par « en dehors de », on l'écrit hors.
Exemple : il lança la balle hors de ma portée (on peut écrire "il lança la balle en dehors de ma portée").
Règle 118 « davantage » ou « d'avantage » en deux mots ?#
Lorsque « davantage » peut se remplacer par « plus », on l'écrit en un seul mot (davantage). Dans le cas contraire, on peut le remplacer par « inconvénient ».
Exemple : Il n'y a pas d'avantage à faire davantage de fautes (on peut dire "il n'y a pas d'inconvénient à faire plus de fautes").
Règle 119 « dès » ou « des » ?#
Quand on peut remplacer « dès » par « aussitôt », on l'écrit dès (avec un accent grave).
Exemple : dès qu'il partit (on peut dire "aussitôt qu'il partit").
des sans accent se trouve devant un nom et peut se remplacer par « du », « un » ou « une ».
Exemple : des enfants.
Règle 120 « ni » en un mot ou « n'y » en deux mots ?#
On écrit n'y en deux mots quand on peut mettre devant « il » ou « elle ».
Exemples : je n'y vois rien (on peut dire "il n'y voit rien", donc en deux mots), il ne craint ni le feu ni l'eau (on ne peut pas mettre devant "il" ou "elle", donc en un mot).
Remarque : « n'y » en deux mots est d'ordinaire devant un verbe conjugué.
Règle 121 « dans » en un mot, ou « d'en » en deux mots ?#
« d'en » s'écrit d'en en deux mots quand on peut le remplacer par « de cela », « pour » ou « par de là ». « dans » en un mot (dans) marque le lieu.
Exemples : il a fini d'en prendre (on peut dire "il a fini de prendre de cela"), il vient d'en sortir (on peut dire "il vient de sortir de là").
Règle 122 « ou » ou « où » ?#
« ou » s'écrit sans accent (ou) quand on peut le remplacer par « ou bien ». « où » avec un accent (où) marque le lieu.
Exemples : Où vas-tu ? À la mer ou à la montagne ? (on peut dire "à la mer ou bien à la montagne", donc le deuxième "ou" s'écrit sans accent).
Remarque : « "d'où" » prend toujours un accent (il indique toujours le lieu).
Exemple : d'où sors-tu ?
Règle 123 « parce que » en deux mots ou « par ce que » en trois mots ?#
Quand on peut remplacer « par ce que » par « par la chose que », on l'écrit en trois mots. « parce que » en deux mots peut se remplacer par « attendu que ».
Exemple : je ne fais pas de faute parce que j'applique les règles (on peut dire "attendu que j'applique les règles", donc en deux mots).
Remarque : « par ce que » en trois mots renferme le pronom démonstratif neutre « ce » qui peut s'analyser.
Règle 124 « peu » ou « peut » ?#
On écrit peut avec un « t » quand on peut le remplacer par « pouvait » et peu quand on peut le remplacer par « pas beaucoup ».
Exemple : Il peut faire peu d'erreurs (on peut dire "il pouvait faire pas beaucoup d'erreurs", d'où "peut" pour le premier cas et "peu" pour le deuxième).
Règle 125 « plutôt » ou « plus tôt » ?#
Quand on peut remplacer « plus tôt » par « plus tard », on l'écrit en deux mots. « plutôt » en un mot signifie de préférence.
Exemple : il est venu plus tôt (on peut dire "il est venu plus tard").
Règle 126 « quand » ou « quant » ou « qu'en » ?#
Si on peut remplacer « quand » par « lorsque », on l'écrit quand. On écrit quant avec un -t devant « à » ou « aux ».
Exemple : Pierre viendra quand il aura terminé, quant à Paul, nous ne savons pas (on peut dire "Pierre viendra lorsqu'il aura terminé", d'où "quand").
« qu'en » en deux mots peut se remplacer par « que [...] de cela ».
Exemple : Qu'en pensez-vous ? (on peut dire "que pensez vous de cela?", d'où "qu'en").
Remarque : « quand » séparé de « à » ou de « au » par une virgule s'écrit avec un -d.
Exemple : Il sursauta quand, au détour de l'allée, il aperçut Michel...
Règle 127 « quoique » en un mot ou « quoi que » en deux mots ?#
« quoique » en un mot peut se remplacer par « bien que ».
Exemple : quoique peu bavard, il travaille bien ! (on peut dire "bien que bavard, il travaille bien", donc "quoique")
« quoi que » en deux mots peut se remplacer par « quelque chose que ».
Exemple : quoi que vous en pensiez !
Règle 128 « s'en » ou « c'en » ou « sans » ?#
« s'en » peut se remplacer par « se » ou « de cela ».
Exemple : il s'en moque (on peut dire "il se moque de cela", d'où "s'en").
« sans » est une préposition qui introduit un complément.
Exemple : Il écrit sans faute.
Remarque : « sens » (sãs) n'a pas la même prononciation que « sans » (sã), sauf dans l'expression « sens dessus-dessous ».
Règle 129 « si » ou « s'y » ?#
On écrit s'y quand on peut mettre « il » ou « elle » devant, ou bien lorsqu'on peut le remplacer par « m'y ».
Exemple : la cigale s'y prit un peu tard (on peut dire "elle s'y prit un peu tard").
« si » peut se remplacer par « très » ou par « quand ».
Exemple : si je le vois lorsqu'il ira si vite (on peut dire "quand je le vois lorsqu'il ira très vite").
Règle 130 « tant » ou « t'en » ?#
On écrit t'en quand on peut le mettre à la première personne (« m'en »).
Exemple : tu t'en vas ? (on peut dire "je m'en vais", donc "t'en").
« tant » peut se remplacer par tellement.
Exemple : tant qu'il s'applique, il réussira (on peut dire "tellement il s'applique", donc "tant").
La dictée de Mérimée — orthographe classique#
« Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l'amphitryon, fut un vrai guêpier.
Quelles que soient, et quelque exiguës qu'aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu'étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d'en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu'ils ne songeaient qu'à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.
Quoi qu'il en soit, c'est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s'est laissé entraîner à prendre un râteau et qu'elle s'est crue obligée de frapper l'exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara suivie d'une phtisie, et l'imbécillité du malheureux s'accrut.
— Par saint Martin ! quelle hémorragie ! s'écria ce bélître.
À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l'église tout entière. »
Prosper Mérimée
Notes
- du verbe heurter ↩
- dans le sens « la parole » ↩
- finaux existe mais n'a pas le même sens que "terminé", "ultime". ↩